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Initiative populaire fédérale pour un revenu de base inconditionnel

Réponds à 21 questions et découvre ta position sur le revenu de base inconditionnel.

  1. 1. Les gens se consacreraient-ils plus à des activités utiles si travailler n’était plus une nécessité?

    Oui / Non, moins

    Le revenu de base offre l’opportunité de se laisser davantage guider par le critère de l’utilité lorsqu’il s’agit de choisir un travail – des activités qui sont dans le meilleur intérêt de la société, de soi-même et de la famille.

    Quels sont les arguments pour?

    La nécessité de gagner de l’argent fait que de nombreuses personnes travaillent pour des produits et des services qui n’ont, pour elles, pas de sens. Une situation dont elles restent cependant prisonnières pour des raisons financières. Avec le revenu de base, les gens ont de plus la possibilité de mettre fin à un rapport de travail avant de commencer le prochain emploi. Ils ont également la possibilité de s’accorder plus de temps pour se former ou de faire une pause pour suivre un perfectionnement. Cela permet de mieux exploiter le potentiel de chacun, ce qui profite à la société dans son ensemble. De plus, aujourd’hui déjà, nombreuses sont les personnes qui fournissent un travail d’utilité sociale non rémunéré. Et cela, toutefois, au détriment de l’indépendance financière.

    Quels sont les arguments contre?

    Ce qui semble judicieux à une personne n’est pas forcément utile à la société. Aujourd’hui, il existe un indicateur permettant de savoir si quelque chose est utile aux autres ou pas : l’argent. Celui qui trouve l’argent nécessaire pour réaliser une idée reçoit par la même occasion le signal que son travail est demandé par les autres. Avec le revenu de base, il est possible qu’une personne voue l’ensemble de son existence à faire des choses dénuées de sens pour ses semblables. Les gens seraient également dépassés par cette nouvelle liberté. Sans participation à un processus de production intégré dans un contexte plus large et incluant d’autres personnes, la plupart des gens sont incapables de structurer leur quotidien et de mettre en œuvre leurs idées. La prétendue liberté pourrait ainsi laisser place à un grand vide.

  2. 2. Avec un revenu de base, les gens seraient-ils moins enclins à se former ?

    Oui / Non, d'avantage

    Les gens se formeraient moins, car…

    • ils n’ont pas d’effort à faire pour gagner de l’argent. Il n’y a donc pas non plus de raison de se « torturer » en allant à l’école, en suivant un apprentissage ou en fréquentant l’université.
    • le revenu de base renforce la division entre la classe supérieure et les milieux défavorisés. Les uns apprennent déjà l’importance de se former et les chances que cela constitue grâce à leurs parents et à leur environnement. Puisque la possibilité d’assurer son existence durant toute sa vie grâce au revenu de base existe, les autres perdent toute émulation et capitulent dès le départ.
    • beaucoup ne sauraient plus ce dont l’économie a vraiment besoin.

    Les gens se formeraient davantage, car...

    • chacune et chacun est foncièrement curieux/euse. Car suivre une formation est passionnant, nous fait avancer et nous ouvre de nombreuses portes. Le revenu de basse réduit la pression qui nous pousse à vouloir gagner de l’argent aussi vite que possible. Il nous permet de prendre plus facilement un congé pour suivre une formation au cours de notre vie professionnelle.
    • bien que l’existence soit assurée par un revenu de base, la plupart des gens veulent gagner davantage d’argent. Ainsi, l’aspect financier les incite à bien se former.
    • le revenu de base constitue un progrès important pour l’égalité des chances. La quantité de temps que quelqu’un investit dans sa formation ne dépend plus de la situation financière des parents. Chacune et chacun peut étudier autant et aussi longtemps qu’elle ou il le souhaite – sans travail accessoire et sans longues procédures pour obtenir une bourse.
  3. 3. Sans la nécessité d’exercer une activité lucrative, les gens pourraient disposer plus librement de leur temps libre. Se sentira-t-on dépassé par cette liberté?

    Oui / Non

    Le revenu de base inconditionnel constituerait un grand changement pour les gens et remettrait en question de nombreux projets de vie. Pour un certain nombre de personnes, il s’agirait d’une libération et d’une opportunité. Pour d’autres, cela ne changerait pas grand chose. Tandis que d’autres entreraient dans une crise existentielle. La question est de savoir si une majorité en profiterait.

    On peut argumenter qu’avec le revenu de base la plupart des gens se prélasseraient sur leur canapé, car ils ne sortiraient jamais du stade du nourrisson: d’abord maternés par les parents, puis par l’État. Libres de toute responsabilité vis-à-vis de leur propre existence. Mais est-ce vraiment cela, le 21^ème^ siècle? Les gens ne se permettent pas et ne permettent pas aux autres d’être libres par simple peur de ne pas savoir que faire de cette liberté?

    Mais on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier et l’on doit commencer par se poser la question suivante: De qui parle-t-on? Quelqu’un qui, toute sa vie, s’est accoutumé à une structure sous diverses contraintes réagira de manière totalement différente face à la liberté qui lui est offerte par le revenu de base que quelqu’un qui a grandit avec la réalité de ce dernier.

  4. 4. Suffisamment d’activités rémunérées seraient-elles encore exercées?

    Oui / Non

    Les sondages indiquent que 90 pour cent des gens affirment qu’ils continueraient à exercer une activité lucrative, même s’ils avaient, sans condition, chaque mois, assez d’argent pour subvenir à leurs besoins.

    Les opposants au revenu de base pensent que de nombreuses personnes prendraient congé de leur emploi rémunéré. Les biens ne seraient ainsi plus produits en quantité suffisante, la société appauvrie et, finalement, le financement du revenu de base ne pourrait lui non plus plus être assuré.

    Les partisans croient au contraire que subvenir à leurs besoins n’est que l’une des raisons qui pousse les gens à travailler. Il existe en effet d’autres motifs: faire quelque chose d’utile, ne pas s’ennuyer, la reconnaissance, exercer un travail passionnant, pouvoir bien dormir le soir, apporter sa contribution à la société, la curiosité et, bien sûr, gagner plus d’argent.

    Beaucoup estiment que les ressources sont **suffisantes pour tous **: nous sommes suffisamment riches et nous pouvons nous permettre qu’une partie des gens ne consacre plus son temps et ses forces à une activité rémunérée. Certains ne feront rien, tandis que d’autres fourniront un travail non rémunéré - et d’autant plus précieux.

    Il est clair que si trop de gens se retirent du travail rémunéré l’économie s’effondre. Celui qui continue à exercer une activité rémunérée devrait être encore plus productif pour qu’il soit possible de financer le revenu de base. Si le revenu de base venait à causer de graves problèmes dans le système économique actuel, cela pourrait également constituer une opportunité de restructurer radicalement l’ancien système.

  5. 5. Le revenu de base mène-t-il à des problèmes insurmontables en matière d’immigration?

    Oui / Non

    On entend souvent dire que le revenu de base ne peut pas fonctionner longtemps, car il engendrerait une immigration encore plus forte. Pour examiner cette affirmation de manière plus approfondie, nous devons considérer trois catégories d’immigrantes et d’immigrants.

    • Citoyens de l’UE: En Suisse, l'accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE est actuellement en vigueur. Cela signifie que les citoyennes et citoyens des pays de l’UE peuvent décider librement du lieu où ils souhaitent vivre et travailler. Sans un emploi en Suisse, une personne ne se voit pas délivrer d’autorisation de séjour et n’a pas droit à l’aide sociale. Une solution possible serait d’appliquer les mêmes règles pour le revenu de base que pour l’aide sociale. Un tel attrait verrait-il le jour ? Cela dépendra alors de la situation du marché du travail. Aujourd’hui déjà, la Suisse est l’un des pays les plus riches d’Europe – et, depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, l’immigration en provenance des pays de l’espace européen n’a pas augmenté de manière excessive.

    • Réfugiés: Il faudra encore décider si les personnes qui sont en procédure d’asile recevront ou non le revenu de base. L’esprit politique semble y être opposé. Actuellement, les personnes au bénéfice du statut de réfugié sont mises à pied d’égalité avec les citoyens suisses en matière de sécurité sociale. Cela ne change rien aux conditions que doivent remplir les réfugiés pour que leur demande d’asile soit acceptée. La différence avec la situation actuelle serait que les réfugiés recevraient le revenu de base en lieu et place d’autres prestations des assurances sociales. Personne ne sait si cette différence conduirait à une augmentation considérable des demandes d’asile. On constate aujourd’hui que les flux de réfugiés sont avant tout influencés par la situation politique dans le monde.

    • Travailleurs en provenance des États non membres de l'UE. Sans un contrat de travail, ces personnes ne sont pas autorisées à vivre en Suisse. Il y a des quotas et la priorité des travailleurs indigènes s’applique – cela signifie que l’employeur doit prouver qu’il n’a pas trouvé d’employé suisse qualifié avant de pourvoir un poste avec une personne en provenance d’un État non membre de l'UE. Le revenu de base ne changera rien à cela.

  6. 6. Libérés de la nécessité d’avoir un travail rémunéré, les gens seraient davantage motivés. Ce qui déclenche une vague d’innovation.

    Oui / Non, au contraire

    Les partisans affirment que le revenu de base serait à l’origine d’une plus grande innovation.

    Pourquoi?

    Beaucoup de gens sont aujourd’hui quasi prisonniers de leur emploi et ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail. Ils n’ont aucune possibilité de se libérer de cette situation, car le chômage menace. L’argent nécessaire pour un « congé », une formation continue ou une réorientation fait défaut.

    Avec le revenu de base, les gens bénéficieraient d’une plus grande liberté dans le choix dans le cadre de leur situation professionnelle. De cette manière, ils occuperaient davantage un poste qui les satisfait vraiment. Les collaborateurs motivés sont de meilleurs collaborateurs. De nouvelles possibilités de devenir indépendant ou d’entrer dans une jeune entreprise sont créées. Ce qui ouvre la voie à l’innovation.

    Ou pas?

    Si quelqu’un veut vraiment quelque chose et s’il est fait pour ça – suivre une formation continue, trouver un nouvel emploi, réaliser une idée en tant qu’indépendant ou dans une start-up – c’est déjà possible aujourd’hui. Les incertitudes financières ne sont souvent qu’un prétexte. Il est plus probable qu’avec un revenu de base les gens laisseraient s’exprimer leur côté paresseux et travailleraient moins. Ce qui constitue un frein à l’innovation.

  7. 7. Avec le revenu de base, une partie du revenu national sera réparti équitablement, sans discrimination sexuelle. S’agit-il d’un pas vers l’égalité entre femmes et hommes?

    Oui / Non

    En Suisse, les femmes gagnent en moyenne nettement moins pour leur travail que les hommes. Il y a plusieurs raisons à cela. La principale est que de nombreuses femmes n’ont pas d’activité rétribuée ou travaillent à temps partiel. Cependant, les femmes assument la majorité du travail de care non rémunéré: élever les enfants et s’occuper des personnes âgées, par exemple. De plus, les femmes travaillent de plus en plus dans des secteurs et occupent de plus en plus de postes dont la rémunération est inférieure à la moyenne. Et, jusqu’à nos jours, une femme gagne moins qu’un homme à travail égal.

    Le revenu national correspond à la somme des revenus réalisés en Suisse. Un revenu de base permettrait de répartir équitablement environ un tiers du revenu national – pour autant que la performance économique reste constante – entre femmes et hommes. Ainsi, les femmes disposeraient proportionnellement de plus d’argent.

  8. 8. Qu’est-ce qui est le mieux: soutenir les chômeurs et les invalides en les contrôlant ou inconditionnellement?

    Contrôle / Inconditionel

    Les chômeurs, les personnes handicapées ou autres qui dépendent des prestations de l’État affirment que le pire dans leur situation sont les chicanes que les autorités leur font subir. Ils souffrent également du jugement de la société qui les met dans une case empreinte de préjugés.

    Les personnes qui perçoivent les indemnités journalières du chômage se sentent empêchées de faire quelque chose d’utile, car elles doivent soumettre leur candidature à des postes qui ne leur conviennent pas. Elles racontent que sans ces formalités administratives elles pourraient revenir plus rapidement sur le marché du travail. Et si cela n’est de toute façon pas possible, elles pourraient se consacrer à d’autres choses, belles ou utiles: garder les petits-enfants, faire de la musique, cultiver un potager.

    Par contre, être assisté ne fait du bien à personne. Au début, il est peut-être plus agréable de ne pas devoir se rendre à l’ORP ou de ne pas devoir fournir la preuve que l’on est réellement malade. Être dépendant d’un soutien étatique – dans sa forme actuelle ou celle du revenu de base – conduit à long terme à la perte de la valeur des prestations propres. Gagner de l’argent sur le marché du travail est dans tous les cas la meilleure option.

  9. 9. Le revenu de base conduit-il à une fracture sociale?

    Oui / Non, au contraire

    Les opposants au revenu de base inconditionnel argumentent souvent que la société se divisera en différents groupes: ceux pour qui le revenu de base est l’unique source de revenu et ceux qui conservent un travail rémunéré.

    • Les gagnants: Ce sont plutôt les personnes provenant d’un milieu favorisé en matière de formation qui profiteront du potentiel émancipatoire du revenu de base. Libérés des craintes financières et des contraintes sociales, ces dernières se formeraient mieux et travailleraient de manière autonome. Elles auraient des salaires élevés et se réaliseraient dans la politique ou d’autres activités bénévoles.

    • Les perdants: Les personnes issues d’un milieu à bas niveau de formation ou d’un milieu socioculturel mal intégré démarrent aujourd’hui déjà sur de mauvaises bases pour espérer pouvoir obtenir un travail bien payé ou occuper une position influente. Avec le revenu de base, elles ne ressentent plus la nécessité d’acquérir malgré tout une bonne formation scolaire et d’exercer une activité rémunérée. Puisqu’elles n’ont ni formation ni travail, leurs chances d’ascension sociale sont réduites à néant et elles se congédient elles-mêmes devant leur petit écran.

    • Les entre-deux: Entre les deux se trouve une classe moyenne qui souffre et qui tente d’avoir sa part du gâteau. Elle paie des impôts élevés pour nourrir ceux qui ne travaillent pas. Malgré une bonne formation et une ardeur au travail toujours intacte, elle doit batailler dur pour pouvoir vivre à peu près normalement.

    D’autres pensent que ce clivage existe déjà aujourd’hui. Il n’est pas certain qu’il prenne de l’ampleur avec le revenu de base. Les effets de ce dernier contrecarrent également cette ségrégation. Il sera par exemple plus facile de rattraper une formation manquée.

    On peut en outre se demander s’il est vraiment souhaitable de contraindre des gens qui n’ont aucune chance d’occuper un poste bien payé à se livrer à une occupation qui n’a aucun sens et qui les fatigue moralement. Il est pourtant clair qu’ils opteraient pour un départ immédiat à la retraite anticipée si c’était possible. Il y a peut-être des méthodes plus prometteuses que la contrainte collective au travail rémunéré pour promouvoir la cohésion sociale.

  10. 10. Le financement du revenu de base est possible, car ce dernier remplace largement les revenus actuels. D’accord ?

    Oui / Non

    Si l’on compte 2'500 francs par adulte et 625 francs par enfant, ce sont près de 200 milliards qui seront distribués chaque année.

    Les partisans arguent que la majeure partie de cette somme ne fera que remplacer une part du revenu existant. Une personne qui gagne par exemple 6'000 francs aujourd’hui aura à l’avenir 3'500 francs de revenu provenant d’une activité lucrative et 2'500 francs de revenu de base. La part de remplacement ne correspond donc pas à de l’argent supplémentaire, le salaire est simplement composé de manière différente : du revenu lucratif et du revenu de base.

    Autrement, cela ne ferait pas non plus vraiment sens. L’argent ne tombe pas du ciel. L’État peut intercepter l’argent, puis le redistribuer. Si l’argent provient d’autres personnes que celles qui le reçoivent à nouveau, il s’agit d’une redistribution.

    Les partisans argumentent que le revenu de base est en majeure partie neutre du point de vue de la redistribution. Beaucoup de personnes versent autant dans la caisse du revenu de base que ce qu’elles reçoivent. Une grande part des 200 milliards retourne là d’où elle vient.

    Les choses se passeront-elles vraiment de cette manière? Est-ce vraiment possible? Cela dépend de nombreux facteurs: Le montant auquel s’élèvera le revenu de base, par exemple, ou combien de personnes continueront à exercer une activité salariale et grâce à quel impôt le revenu de base sera financé.

    Cela dépend aussi de ce que nous voulons. Voici trois visions différentes de la manière dont la redistribution et le revenu de base pourraient être conciliés :

    • Le revenu de base permettra de renforcer une redistribution du haut vers le bas. Ceux qui gagnent le moins devront verser un montant inférieur à celui du revenu de base et ceux qui gagnent le mieux paieront plus. L’écart entre les salaires diminuera. Il y a des personnes qui souhaitent atteindre cet objectif avec une plus forte progressivité des impôts. On peut aussi envisager d’autres mécanismes.

    • Le revenu de base punira les profiteurs et les paresseux : celui qui n’est pas capable ou ne veux pas s’affirmer sur le marché du travail recevra moins qu’aujourd’hui. On pourrait atteindre ce but en fixant le montant du revenu de base à un niveau très bas et en supprimant toutes les autres prestations sociales, comme l’AI ou l’aide sociale.

    • Le revenu de base devrait redistribuer le moins possible : La plupart des gens auraient la même somme d’argent en poche avec ou sans le revenu de base, pour autant qu’ils continuent à travailler. Seuls ceux avec un revenu inférieur à 2'500 francs auraient plus. La question est de savoir si nous trouverons l’outil approprié pour que, d’un point de vue fiscal, le revenu de base soit organisé dans la majorité des cas comme un jeu à somme nulle.

  11. 11. Celui qui a aujourd’hui moins d’argent que le revenu de base aurait davantage d’argent avec le revenu de base. D’autres se retireraient du marché du travail. Le financement de ce surcoût est-il un problème?

    Oui / Non

    Si, avec le revenu de base, des personnes décident de ne plus exercer d’activité lucrative, ceux qui continuent à travailler doivent payer le revenu de base pour eux. La quantité de choses utiles qu’ils font importe peu. Qu’ils soignent des malades ou écrivent des livres à succès, s’ils exercent ce travail en dehors de l’économie de l’argent, il n’est pas possible de percevoir des impôts sur ces activités. Ils ne participent donc pas directement au financement du revenu de base.

    La question est donc: combien de gens peuvent décider de ne plus exercer d’activité lucrative sans que le système ne s’effondre?

    Pour pouvoir répondre à cette question, de nombreux facteurs doivent être pris en compte: À combien s’élève le revenu de base? Avec quels outils prélevons-nous l’argent? Qui paie la plus grande part? Combien est-on prêt à céder avant de partir pour l’étranger ou d’abolir le revenu de base? Quelles seront les avancées technologiques des années à venir?

    Est-il possible de financer le revenu de base? Cela dépend avant tout de deux choses: Premièrement, combien de personnes décident de se retirer du marché du travail et, deuxièmement, quelle est la productivité de ceux qui continuent à travailler.

  12. 12. D’un point de vue financier, le revenu de base favorise un modèle familial dépassé. Vrai?

    Oui / Non

    La répartition traditionnelle des rôles pourrait être renforcée par le revenu de base. De plus en plus de familles prendront la décision suivante: l’homme travaille à plein temps à l’extérieur et la femme reste à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches ménagères, car: …

    • le revenu de base n’a pas d’influence immédiate sur l’inégalité des chances et des revenus entre femmes et hommes sur le marché du travail.
    • les personnes qui n’exercent pas d’activité lucrative tirent un maximum de profit du revenu de base.
    • la pression sociale qui veut que les enfants soient élevés à la maison jusqu’à leur scolarisation devient plus forte – puisque, grâce au revenu de base, cela devient possible d’un point de vue financier.

    Certains sont au contraire d’avis que le revenu de base renforcera l’émancipation féminine:

    • Bien qu’il soit vrai que le revenu de base ne change rien aux structures discriminatoires du marché du travail, il apportera tout de même une amélioration à long terme. Puisque les gens craignent moins le chômage, tous – femmes et hommes – bénéficient d’un position plus forte face aux employeurs. Cela fait progresser les négociations et constitue ainsi une opportunité de surmonter les structures discriminatoires.
    • Sans revenu de base, les femmes n’ont souvent pas le choix et sont contraintes à exercer une activité lucrative. Avec le revenu de base, elles ont le choix. Et une plus grande liberté de choix est toujours préférable.
  13. 13. Aujourd’hui, c’est souvent un seul membre de la famille qui dispose de l’ensemble du revenu du ménage, ce qui conduit à une dépendance financière. Le revenu de base peut-il réduire cette dernière?

    Oui / Non

  14. 14. De nombreux emplois disparaissent en raison de l’automatisation, ce qui nous contraint à trouver de nouvelles formes de distribution des revenus: le revenu de base pourrait-il être la bonne solution?

    Oui / Non

    Pourquoi le revenu de base et l’automatisation sont-ils complémentaires:

    • Le chômage est une situation douloureuse pour les personnes concernées. Cela pourrait devenir une réalité pour un nombre accru de personnes en raison de l’automatisation. Il s’agit donc de se questionner sur la manière de mieux gérer cela. Le revenu de base est une approche qui permet de mettre un terme au difficile passage par l’office de placement et l’étiquette négative qui y est attachée.
    • Si de nombreux emplois disparaissent, les conditions cadres changent. Créer de nouvelles structures demande de la flexibilité – du côté de l’employé et de l’employeur. Le revenu de base pourrait apporter davantage de flexibilité, car les peurs existentielles des gens seraient moindres. Ils pourraient ainsi suivre des reconversions ou des perfectionnements suffisamment tôt ou réaliser leurs propres idées de manière indépendante. De plus, cela pourrait donner lieu à davantage d’innovation et, par la même occasion, à la création de nouveaux emplois.
    • L’économie a besoin de la consommation. Si de nombreuses personnes sont sans emploi, elles n’ont pas non plus d’argent à dépenser. Le revenu de base permet aux gens de conserver un pouvoir d’achat et empêche ainsi que l’économie ne s’effondre.

    Pourquoi le revenu de base et l’automatisation ne sont-ils pas complémentaires:

    • Imaginons qu’un jour il n’y ait vraiment presque plus d’emplois. Les robots travaillent. Celui qui possède les robots possède également le pouvoir. Pour que les gens ne soient pas réduits à la misère et ne développent pas des idées révolutionnaires, on leur verse un revenu de base. Ils restent calmes, consomment et font tourner l’économie. Ils contribuent cependant de manière moindre à façonner le monde. Qui paie commande. Si la majorité des gens dépend du revenu de base, la démocratie ne peut pas fonctionner.
  15. 15. Le revenu de base permet aux personnes qui fournissent un travail non rémunéré de vivre de manière indépendante du point de vue financier. Est-ce une bonne chose ?

    Oui / Non

    Aujourd’hui, en Suisse, 2,3 milliards d’heures de travail care non rémunéré sont consacrées à des tâches de prise en charge et de soins, ce qui correspond à une valeur matérielle de plus de 80 milliards. À cela s’ajoute encore le travail politique et associatif non rémunéré.

    Les gens qui fournissent ce travail sont souvent financièrement dépendants, que ce soit du conjoint ou des prestations sociales – bien qu’ils fournissent des services essentiels à la société. Le revenu de base améliorerait directement la situation financière de ces personnes.

    Par contre, on peut se demander si le travail care non rémunéré ne pourrait pas être indemnisé de manière différente et comment les solutions alternatives potentielles pourraient s’accorder avec le revenu de base inconditionnel : lui sont-elles complémentaires ou lui font-elles barrage ?

  16. 16. Avec un revenu de base, le nombre de personnes insatisfaites ou malades en raison de leur situation professionnelle sera-t-il moins élevé?

    Oui / Non, au contraire

    Beaucoup de gens souffrent de nos jours de maladies des suites de leur travail. Cela est à l’origine de souffrances individuelles, mais cela a aussi des conséquences économiques.

    Le revenu de base pourrait conduire à une amélioration de cette situation. Une personne qui est malade en raison de son travail serait confrontée à moins d’obstacles pour prendre un congé, changer d’emploi ou simplement ne plus travailler.

    Cependant, ce n’est finalement pas uniquement l’argent qui nous pousse à travailler. C’est pourquoi le problème de l’insatisfaction ou de la maladie ne peut pas simplement être résolu grâce à l’argent. Il se pourrait que cela constitue même un regain de stress plutôt qu’une diminution de ce dernier. Le cas échéant, nous n’avons plus la satisfaction de gagner chaque mois nous-mêmes de l’argent et ainsi d’être indépendants. Partons du principe que le revenu de base entre dans les mœurs et que nous travaillions tous bénévolement. Faire carrière, se rendre utile et se prouver à soi-même et aux autres que notre travail a de l’importance devient une pression qui va en augmentant. Cela peut s’avérer épuisant et être source de Frustration.

  17. 17. Le marché du travail régule l’offre et la demande selon le travail. Le revenu de base offre davantage la liberté de choisir de ne pas participer à ce marché. Est-ce viable?

    Oui / Non

    Lorsqu’on imagine un monde avec le revenu de base inconditionnel, on doit se poser cette question : La production serait-elle encore suffisante et produirait-on ce dont on a besoin ? Il est important qu’un nombre suffisant de personnes travaille et que leur production réponde réellement à la demande.

    Aujourd’hui, la plupart des gens doivent vendre leur travail pour de l’argent. Ils agissent ainsi dans le cadre de marchés. Le prix d’un travail découle des mécanismes du marché. Si personne n’est prêt à payer pour un travail, qu’il s’agisse d’un service ou d’un produit, alors ce travail n’est pas effectué. C’est selon ce principe de l’offre et de la demande que l’on décide si un travail sera mis en œuvre ou non.

    De plus, sur un marché qui n’est pas régulé, certaines marchandises ne peuvent tout simplement pas être payées – par exemple la culture, la formation ou l’alimentation en électricité. Dans ce cas, elles doivent être financées pas les caisses de l’État. Ce n’est plus le principe classique de l’offre et de la demande qui décide si un projet doit être réalisé ou non, mais la démocratie.

    Grâce au revenu de base, les gens auraient le choix de ne pas prendre part au marché. Ils pourraient travailler toute leur vie sans exiger d’argent en échange – puisqu’ils peuvent vivre du revenu de base – et ils ne dépendraient ni des réactions du marché, ni de la démocratie.

    Trois attitudes sont possibles :

    • Les conditions conduisent à une mauvaise production et à des produits absurdes. Avoir le choix de ne pas participer au marché du travail est ainsi une bonne chose.
    • Du fait que les gens ne soient plus contraints à prendre part au marché du travail, une grande distorsion est supprimée et ce dernier fonctionnera mieux.
    • Il ne s’agit pas d’une bonne chose que les gens ne soient plus contraints à prendre part au marché du travail. Bien qu’ils continuent à travailler, il est impossible pour eux d’évaluer les besoins des autres et ils passent à côté de ces besoins.
  18. 18. Le revenu de base inconditionnel change la donne en ce qui concerne la réforme de l'État social. Avec ce changement, la situation...

    S'améliore / Se péjore

    Cette question ne concerne pas uniquement l’idée du revenu de base en tant que telle. Il s’agit de savoir quels autres développements politiques seront initiés ou évités.

    Les débats sur l'État social sont dans l’impasse. Les fronts – ceux qui veulent renforcer l'État social et ceux qui veulent son démantèlement - restent sur leurs positions.

    Les uns craignent que l’introduction du revenu de base signe la fin de l'État social: les prestations de soutien supplémentaires pourraient être supprimées et la situation de nombreuses personnes qui dépendent de l'État pourrait se détériorer. Cela pourrait par exemple concerner les places de crèche subventionnées ou les prestations de conseil des offices sociaux, aujourd’hui gratuites.

    Les autres rejettent le revenu de base dès le départ car ils y voient un développement massif de l'État social.

    Fait est qu’au moment où l’on décidera de l’introduction du revenu de base inconditionnel rien ne sera ni supprimé, ni renforcé. La manière dont les services sociaux seront structurés dans une Suisse avec un revenu de base sera l’objet d’un débat politique de plusieurs années et le peuple devra certainement se prononcer encore une fois.

  19. 19. Dans une société basée sur la division du travail, il n’y a pas de personnes autosuffisantes. Aujourd’hui, plus personne ne vit directement des fruits de son travail. Le revenu de base est-il compatible avec cette évolution ?

    Oui / Non

    Nombreux sont ceux qui pensent être indépendants car ils achètent ce dont ils ont besoin pour vivre avec leur salaire. On pourrait cependant soutenir qu’il s’agit d’une illusion.

    La Suisse est un pays riche car la productivité du travail est élevée en général. Dans le cadre de son emploi, chacun effectue une tâche spécifique. Au final, de nombreuses personnes participent indirectement à la production d’une tomate : Le mécanicien qui répare le tracteur. Le programmateur du logiciel pour la saisie des temps de travail dans la raffinerie de pétrole en Arabie saoudite qui fournit l’essence pour la voiture de l’agriculteur. L’éducatrice de la petite enfance qui s’est occupée du fils de l’agricultrice durant la récolte. Et ils seront également tous impliqués dans le produit de la vente de la tomate. Qu’en est-il du voisin qui a remplacé l’agricultrice au dernier moment alors qu’elle visitait sa mère malade ? Et l’auteur du livre qui a poussé l’agriculteur à cultiver des tomates ? Et les enfants du village, qui, grâce à leurs chants, permettent au mécanicien d’oublier ses soucis et de ne pas tomber dans la dépression, ce qui lui permet de réparer le tracteur ?

    On peut donc argumenter que tout est lié à tout. Et tous y participent. Mais, au final, certains ont beaucoup d’argent sur leur compte en banque, tandis que d’autres n’ont pas un sous. La seule certitude est que personne n’est indépendant.

    Dans le monde complexe où nous vivons, il est impossible de trouver une clé de répartition du revenu qui soit équitable ou juste. Ou de mesurer à quelle hauteur chacun a effectivement participé à une tâche.

    En rendant la part de revenu nécessaire pour subvenir aux besoins de chacun inconditionnelle, le revenu de base permettrait en partie de prendre en compte cette situation.

    On peut objecter qu’il existe un instrument permettant de mesurer l’importance de la contribution de chacun: le marché et l’argent. La valeur d’un travail correspond à la somme que quelqu’un est prêt à payer pour ce même travail. Il existe indiscutablement des facteurs extérieurs qui ont une incidence et pour lesquels personne ne paie ou n’est payé. La question qui ce pose ici est donc la suivante : comment réduire ces facteurs extérieurs sans pour autant distribuer de l’argent?

  20. 20. La Suisse doit-elle jouer un rôle précurseur à l’échelle mondiale en empruntant une voie encore inconnue ?

    Oui / Non

    En ce moment, des idées similaires à celle du revenu de base inconditionnel sont en phase d’essai dans différents pays. Le gouvernement finlandais travaille à une tentative avec un revenu de base de 800 euros. Aux Pays-Bas, une expérience est en cours avec quelques participants. Le revenu de base est un concept qui retient actuellement l’attention internationale.

    La société change constamment et les nouvelles idées doivent bien commencer par être mises en œuvre quelque part. L’AVS est peut-être le meilleur exemple : C’est l’Allemagne qui a introduit un rente de vieillesse généralisée en 1889. Une idée nouvelle et révolutionnaire à l’époque, qui a par la suite été reprise par la plupart des États européens et les USA.

    On peut argumenter que la Suisse, en tant que pays riche et démocratique, est bien placée pour mettre en œuvre et tester des idées avant-gardistes. La Suisse peut se permettre de devancer les tendances internationales.

    A contrario, on peut affirmer qu’en Suisse le système de prestations sociales différencié et adapté aux besoins est éprouvé. Nous devons notre richesse et notre système démocratique au fait que nous ne renonçons pas inconsidérément à ce qui a fait ses preuves. Jouer le rôle de pionnier n’est pas une valeur en soi. Ou : Attendons encore un peu qu’une meilleure idée encore plus révolutionnaire que celle du revenu de base émerge pour prouver notre progressivité.

  21. 21. La démocratie sera renforcée, car les gens auront plus de temps à y consacrer.

    Oui / Non

    L’engagement politique prend beaucoup de temps – d’une votation bien informée, aux candidats pour un Parlement, en passant par la récolte des signatures. Prendre au sérieux les devoirs et les droits politiques demande du temps. Le revenu de base pourrait contribuer à l’égalité des chances en politique. Aujourd’hui, certaines personnes peuvent se permettre d’assumer des responsabilités politiques et de s’engager dans un parti politique, par exemple. D’autres n’ont pas cette possibilité, car elles sont contraintes à gagner de l’argent du matin jusqu’au soir.

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